01 – Vaccins – La Variole

La maladie

La Variole ou petite vérole est une maladie infectieuse d’origine virale, très contagieuse et épidémique, due à un Poxvirus. Elle se caractérise par un mouchetage de pustules.
C’est une dermatose puruleuse, qui peut ressembler à une forme grave de varicelle, mais qui évolue en une seule poussée (toutes les lésions sont identiques, étant de même âge).
La variole était un fléau redouté. Elle tuait un malade sur cinq (chez les adultes, près d’un malade sur trois). Quand elle ne tuait pas, elle laissait souvent un visage grêlé, marqué à vie, Elle est toujours restée hors de portée d’un traitement efficace.

Le vaccin contre la variole, basé sur la vaccine, sert de référence, dans sa conception et application pour tous les autres vaccins. C’est aussi le vaccin qui a connu le plus d’accidents. A tel point que certains chercheurs s’interrogent sur la pertinence d’utiliser la vaccine comme souche pour des vaccins recombinants [4].

Rentrons dans le vif du sujet

En 1955, la France fut victime d’une épidémie de variole.
Une campagne de vaccination fut mise en place et 5 millions de vaccins furent inoculés. Il y eu néanmoins 31 cas d’encéphalite dont 9 décès.
Sur les enfants vaccinés sur une période de 10 ans, 60 cas d’encéphalite et 20 décès peuvent être au moins directement imputables au vaccin.
Des accidents cutanés graves survinrent dont l’eczema vaccinatum.
La revaccination, expéditive, dans le cas des sujets allergiques aboutit à des cas d’eczémas, d’urticaires géantes ainsi que de psoriasis.
Souvent plus éloignée dans le temps, on dénote aussi l’apparition de cancers[5]. Marmelzat[6], au 2eme congrès de dermatologie tropicale, rapportait 38 cas de tumeurs cutanées au niveau de la scarification[7].
Le docteur Duperrat[8] notait en 1955 : «  la vaccination (antivariolique) provoque en outre une explosion de leucémie ».

Souvent nié à ses débuts, le vaccin pouvait donner des accidents gravissimes, au premier rang desquels, des cas d’encéphalites post-vaccinales qui se terminaient soit par la mort soit par des séquelles cérébrales irréversibles.

On note que la fréquence de ces accidents varie énormément selon les pays, peut-être à cause de la variété des souches utilisées :

  • Pour les États-Unis, la fréquence d’encéphalite était évaluée à 1 cas sur 25.000 à 150.000 vaccinations.
  • En Allemagne de l’Ouest d’un cas sur 13420 vaccinations des années 1950 à 1957, dans le cadre de la primovaccination antivariolique. Il y eut 150 décès sur la période directement imputable au vaccin. Des valeurs comparables furent rapportées aux Pays-Bas.

-> Rapporté à la population française, cela signifie qu’a été tué chaque année par la vaccination entre 15 et 20 enfants et ce, en dehors de toute menace de variole.

En France, les accidents de vaccinations ne sont pas vantés sur la place publique. La communication autour du vaccin est contrôlée avec une légende à défendre becs et ongles :

« Pendant des siècles la variole à ravager le monde. Les campagnes de vaccination l’ont éradiqué ».

D’où viennent les vaccins ?

Historiquement, les premières tentatives pour se prémunir de la variole, furent d’essayer de tomber malade pendant les épidémies. Il était estimé que la maladie était moins virulente à ce moment-là. 
D’autres techniques existaient en Chine où l’on pratiquait le dépôt de pus ou squames varioliques sur la muqueuse nasale des enfants. En Perse, l’administration s’effectuait en sous-cutané d’un exsudat de plaie (liquide suintant) prélevé chez un patient présentant une forme bénigne de variole.

L’idée était donc de se prémunir, en utilisant une supposée variante de la maladie moins pathogène, pour se protéger des futures épidémies. Le terme donné à cette inoculation est la variolisation.
Les résultats, tachés d’accidents, ne furent pas toujours à la hauteur des espérances.

C’est à Edward Jenner que l’on doit les premiers travaux sérieux sur la vaccination[9]. Ce scientifique anglais avait remarqué que les fermiers travaillant avec les vaches et plus particulièrement à la traite, tombaient rarement malades. Il théorisa que le pus présent dans les vésicules des trayeuses (femme faisant la traite des vaches) qui avaient contracté la vaccine (une maladie semblable à la variole, mais beaucoup moins virulente), protégeait les trayeuses de la variole.

C’est le 14 mai 1796 que Jenner teste sa théorie en inoculant à James Phipps, un jeune garçon de huit ans, le contenu des vésicules de vaccine de la main de Sarah Nelmes, une trayeuse ayant contracté la vaccine par une vache nommé Blossom. Le pus fut inoculé sur les deux bras le même jour avec un bâton de bois ayant gratté et récupéré le pus des vésicules de Nelmes.  Celle-ci provoqua une fièvre et un malaise général, mais rien de grave.  En testant plus tard la variolisation sur l’enfant, il constata que celui-ci ne tombait nullement malade.

C’est de la maladie de la vaccine dont s’origine le terme maintenant générique de vaccination.
La variolisation comme la vaccination, au départ, consiste donc dans son sens premier à s’inoculer la maladie de façon et dans le but de s’en prémunir. La vaccination ayant pour différence d’inoculer la vaccine pour protéger de la variole.

Les premières techniques de vaccination en Europe consistaient à prendre du pus d’un vacciné (venant des pustules engendrés par la contamination à la vaccine) que l’on allait scarifier sur un autre. Il fallait donc avoir en permanence des personnes récemment vaccinées pour avoir des pustules disponibles, on appelait ces personnes les « vaccinifères ».

Ces vaccinifères furent surtout des orphelins d’hospice. Des hospices ressemblant plus à des viviers d’innocents librement utilisables[10] qu’à un sanctuaire pour malheureux.

Notons que le pus pris des pustules d’un vacciné, nommé fluide vaccinal, n’est pas la même chose que le pus extrait d’une personne variolée.

Le vaccin humain laissera progressivement place à une version animale, sans doute dû à son inefficacité relative mais aussi et surtout car beaucoup de maladies dont la syphilis étaient ainsi transmises.

La méthode consistait donc en une génisse dont on rasait le flanc pour récolter le pus des pustules frais.

Néanmoins, on imagine le problème, d’avoir toujours une génisse à proximité pour pouvoir vacciner. C’est pour cela que l’arrivée du vaccin de conserve a été une petite révolution médicale. Il se constituait de 50% de fluide vaccinal et de 50% de glycine pure. Glycine qui détruit la flore microbactérienne contenue dans le pus (staphylocoque, Bacillus mesentéricus, bacillus subtilis).

-> Cela met en exergue un des dangers des vaccins : les impuretés, qui sont dans le cas présent une forte présence microbienne dans les vaccins sans glycine.

Le début du vaccin animal commence en 1880, néanmoins en France et dans une soixantaine de département la méthode de bras à bras continue toujours. Ce mode de transmission et la variété des souches qu’elle donne firent que jusque dans les années 1970 il était à peu de chose près, impossible d’établir la filiation des souches utilisées [11]. Le pus de vaccinés en était à sa 400eme génération en 1810 et atteint sa 6000eme génération à la fin du 19eme siècle. Les origines du pus ne purent jamais être assurés et ainsi donc sa qualité. De plus pour tonifier le fluide vaccinal, celui-ci était parfois mélanger à du pus de variolé pour rehausser sa virulence.

La méthode de scarification utilisée pour la vaccination a pu tout à fait être responsable d’épidémies ainsi que des différences de variation de virulence de la variole. Darmon rappelle qu’au milieu des accidents vaccinaux, l’orthodoxie médicale était intraitable pour défendre « le dogme de l’infaillibilité de la vaccine ».

Quel fut l’impact de la vaccination antivariolique.

En Angleterre dès 1853, le vaccin devient obligatoire.
Devant le peu d’enthousiasme de la population, on adjoint à l’obligation de se faire vacciner, une peine de prison. Toujours en Angleterre en 1872, une épidémie de Variole fit 23.000 morts avec pourtant une large couverture vaccinale. Ce manque de résultats fut déterminant dans son abandon progressif.
En 1949, l’obligation vaccinale est abolie (30 ans avant la France).

La politique vaccinale de la France en 1902 était une vaccination chez le nourrisson puis à onze ans et pendant le service militaire. Ces multi-vaccinations étaient basés sur le principe que lorsque 70 à 80% d’une population est vaccinée, la population est protégée car la propagation de la maladie est stoppée. Or la primovaccination[12] n’était effectué que chez 60% des nouveau-nés, et, seul l’homme devait subir un deuxième rappel. Deuxième rappel lui donnant potentiellement 3 ans d’immunité. Cela fait qu’à un moment donné, ce n’est pas 70 ou 80% de la population qui était immunisée par le vaccin mais seulement 10%.
Ce pourcentage, très faible, questionne la logique du calendrier vaccinal.

La campagne d’éradication de la Variole.

En 1958, convaincu de la qualité et de la simplicité d’utilisation des nouveaux vaccins et de l’importance de l’immunisation active, L’OMS décide d’endiguer la variole en lançant une campagne sans précèdent de vaccination.

C’est le professeur Jdanov qui est responsable de la campagne et sa première initiative est de commencer par les pays dans lequel la maladie est endémique.

Deux ans plus tard, les premiers doutes se manifestent quant à l’efficacité de la campagne.

En Inde on pouvait constater que sur 2000 cas soigneusement étudiés de variole 1800 avaient une ou deux cicatrices varioliques (= vaccinés).
Au niveau même de l’épidémie, en Inde et au Pakistan dont la population était vaccinée à 80%, il n’était pas possible d’effectuer une différenciation, entre vaccinés et non vaccinés, sur la proportion des cas graves.

-> La première conclusion qui s’imposait était que la vaccination obligatoire de 1958 et renforcée en 1967 n’était pas parvenue à donner de résultats satisfaisants.
->A partir de 1972 une campagne de « surveillance/Endiguement », initiée par le docteur Donald A. Henderson prend le relais[13]. 8 ans plus tard la maladie est déclarée éradiquée.

On pouvait lire dans un rapport de l’OMS de 1972

«  les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. Les campagnes de vaccination de masse connurent les plus grands succès dans les pays dotés de services de santé relativement bien développés et bien administrés.[…] Toutefois, dans certains pays, même lorsque la couverture vaccinale atteignait 80 ou même 90% les sujets sensibles non vaccinés, regroupés en certains secteurs particuliers du pays ou dans les zones de faible niveau socio-économique des villes, constituaient une population suffisamment importante pour que la transmission de la variole se perpétue. »

L’efficacité de la vaccination serait-elle corrélé au niveau de vie d’une population ?

Le constat de L’OMS sur l’incapacité des campagnes de vaccinations d’endiguer les épidémies de variole ainsi que le constat du nombre d’accidents engendrés soulève la question du véritable prix de ses campagnes en égard de leur efficacité.

La dernière épidémie française de variole date de 1955 (cas présenté plus haut). Elle se produisit en Bretagne et plus particulièrement à Vannes et à Brest.  La source de contamination fut un militaire (vacciné) revenant d’Indochine qui aurait rapporté un pyjama contaminé à son fils. Malgré une campagne de vaccination massive il y eu 20 décès sur 95 cas.

Les conséquences de la campagne furent particulièrement catastrophiques sur les personnes atteintes d’un lymphome hodgkiniens, ainsi que pour les cancéreux et les personnes atteintes de leucémie, qui virent leur hémopathie,cancer, subir une flambée évolutive.

De la même façon en 1972 en Yougoslavie. Après que quelques cas aient été détectés, une grande campagne de vaccination était lancée, qui n’empêchera pas 175 cas de variole et 32 décès.

Ce qui est à mettre en exergue avec le cas de cet ouvrier yougoslave se situant en Allemagne qui au même moment était détecté comme étant contaminé par la variole.
Il fut en contact avec une centaine de personnes avant d’être diagnostiqué.
Une campagne de vaccination s’en suivi mais seulement 10% des habitants de la ville vinrent se faire vacciner [14].
-> Il n’y eu aucun autre cas de variole diagnostiqué.

Pour Finir

Il est intéressant de se rappeler qu’avec la première guerre en Irak, il avait été évoqué la possibilité d’attaques bioterroristes. Une campagne de vaccination préventive contre la variole avait été envisagée.

Le ministre de la santé de l’époque, monsieur Bernard Kouchner, ne jugea pas pertinent d’autoriser la campagne, précisant qu’elle engendrerait la mort de 350 personnes (sans compter les accidents non mortels mais porteur de séquelles [15]).

[4] Vaccins du génie génétique ou OGM.

[5] Helman, en 1957, signale 5 cancers (essentiellement des lymphosarcomes) survenu seulement quelques semaines après le vaccin antivariolique.

[6] 3 octobre 1969, cité dans la tribune médicale

[7] La scarification est la méthode choisie de vaccination pour la variole.

[8] 1955, « manifestations cutanées de la vaccination antivariolique », la presse médicale, T63, P381-82..

[9] C.F. benjamin Jesty.

[10] Point intéressant, Les enfants recueillis dans ses hospices étaient tellement malingres que les pustules étaient maigres. Ainsi il fallait presser très fort pour en extraire une dose de pus raisonnable au mépris de l’inconfort ressenti par l’orphelin

[11] Il y a une profusion de souches au niveau mondiale, utilisées par différents Laboratoires, avec pour toutes des provenances autant variées qu’inattendues.

[12] Vaccination chez le nouveau-né.

[13] Point intéressant, « santé du monde » indique que la campagne de vaccination en est à sa 6eme année, ne prenant ainsi pas en compte la période d’échec que représente la période de 58 à 67.

[14] Hanovre

[15] Le docteur Lévy-Bruhl et N. Guérin estimait de leur côté que la vaccination de la totalité de la population française pourrait provoquer près de 20.000 cas d’effets indésirables, dont plus de 300 mortels et près de 100 avec des séquelles définitives d’encéphalite postvaccinale.

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