06- Vaccins – La fièvre jaune

La fièvre jaune, parfois appelée vomi noir (vomito negro), peste américaine, fièvre ou typhus amaril, est une zoonose [101] due à un flavivirus, le virus de la fièvre jaune.
C’est une arbovirose [102] des singes de la forêt équatoriale et elle est transmise de singe à singe par divers moustiques du genre Aedes. Le moustique jouant le rôle de réservoir et de vecteur, le singe celui d’hôte amplificateur.

L’homme traversant ces foyers sauvages d’endémie est sporadiquement piqué par les moustiques infectés. Il fait alors une fièvre jaune humaine dite forme sylvatique.
Revenu vers les centres habités notre homme est devenu un réservoir de virus. Lorsque le moustique commensal qu’est l’Aedes aegypti, hôte vicariant[103] très efficace, le pique, il va récupérer du sang contenant le virus.
-> Il va transmettre la maladie à d’autres hommes donnant une fièvre jaune purement humaine et épidémique : la forme urbaine.

La fièvre jaune est longtemps restée un obstacle à la colonisation de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. Elle demeure toujours une cause importante de maladies hémorragiques dans plusieurs pays africains et sud-américains.
Elle n’est pas éradicable, à cause de la présence d’un réservoir naturel permanent (moustiques-singes) en forêt tropicale.[104]

Le Vaccin est obligatoire pour le français en Guyane seulement [105].

Il existe deux vaccins, le FNV (French Neurotopic Vaccine) et le 17D.

Le FNV est un vaccin atténué par le passage successif du virus dans 127 embryons de poulets. Il a été utilisé surtout entre 1939 et 1980 dans les pays d’Afrique francophone. Il fut abandonné à cause de l’incidence élevée de complications neurologiques (avec un premier abandon pour les moins de 14 ans).

Le 17D est le successeur. C’est un vaccin proche qui est obtenu lui aussi par atténuation du virus par le passage successif dans des embryons de poulets (De 195 à 286 passages). Il a pour intérêt de normalement donné une incidence moindre d’encéphalites. Cela dit, il en donne aussi. Mais c’est surtout, le risque de complications multi viscérales très important chez les plus de 65 ans qui est un problème.
Le vaccin est interdit au moins de 1 an.

Le virus vaccinal présente de plus d’un cas des mutations.
Un cas mortel étudié, montrait que le changement de seulement deux acides aminés sur plusieurs centaines, d’une des protéines d’enveloppe suffisait à réactiver sa virulence.

Comme pour les vaccins à virus vivant les contre-indications sont nombreuses (grossesse, déficits immunitaires…) aussi est-il possible de faire un « certificat de contre-indication » pour pouvoir rentrer en Guyane sans être inoculé [106].

[101] Les zoonoses sont des maladies et infections. Le terme couvrant ici également les infestations parasitaires dont les agents se transmettent naturellement des animaux à l’être humain, et vice-versa

[102] Les arboviroses sont des maladies virales dues à des arbovirus, des virus transmis par des moustiques, des tiques ou autres suceurs de sang. Le préfixe arbor est une abréviation de l’Anglais Athropod-Borne, transportés par arthropodes ou insectes piqueurs.

[103] Le terme vicariant s’emploie pour désigner un organe ou une fonction qui joue le rôle d’un autre organe ou fonction défaillante.

[104] Source : Wikipedia

[105] Décret n°67-428 du 22 mai 1967 modifié par le décret n°87-525 du 9 juillet 1987
codifié dans l’article R.3114-9, alinéa n° 6, du Code de la santé publique (juin 2000)

[106] Article R. 3115-62 : Le certificat de contre-indication médicale à la vaccination antiamarile peut être délivré par un centre de vaccination désigné conformément à l’article R. 3115-55 ou par le médecin traitant.

Article R. 3115-63 : L’entrée sur les parties du territoire français où la vaccination antiamarile est obligatoire est subordonnée à la présentation d’un certificat de vaccination ou d’un certificat de contre-indication médicale à cette vaccination.

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