03 – Vaccins – La coqueluche

La maladie

C’est une maladie contagieuse qui donne des quintes de toux fréquentes et prolongées. Elle est dangereuse principalement chez les personnes fragiles et les nourrissons.

La bactérie majoritairement responsable de la coqueluche chez l’homme est la bordella pertussis (Bacille de Bordet).
La maladie est transmise par les voies aériennes et donne des accès de toux soudains, violents et répétés.

Il existe trois phases dans la coqueluche classique :

  • une phase dite catarrhale caractérisée par des rhinites, toux sèche à prédominance nocturne
  • vient ensuite la phase paroxystique de sept jours, sans fièvre, où la toux est violente et la reprise de respiration difficile.
    Une longue respiration s’en suit généralement accompagné de l’émission d’un son aigu : « Le chant du Coq » [33] (La respiration difficile peut être accompagnée de vomissement)
  • et enfin, la phase de convalescence qui dure d’une à plusieurs semaines.

Chez le jeune enfant, les complications possibles sont :

  • la pneumonie ou bronchopneumonie en cas de surinfection,
  • des convulsions,
  • un œdème cérébral,
  • et plus rarement une encéphalite, une apnée voire l’asphyxie chez les très jeunes enfants.

Le malade est contagieux pendant environ trois semaines à partir du début des symptômes.
Chez le nourrisson, les complications peuvent être mortelles.

-> En Chine la maladie se surnomme « La toux des cent jours » et en Espagne « La toux convulsifiante ».

Le Vaccin

Le premier vaccin fut conçu par Madsen en 1923.
Il est peu utilisé avant la dernière guerre mondiale à cause des accidents qu’il cause (en 1933, 2 décès consécutifs rapportés).

Les tous premiers essais de vaccins anticoquelucheux remontent au début du XXe siècle. Dans les années suivant la découverte de la bactérie par Bordet et Gengou (1906). Mais « leurs valeurs étaient plutôt présumées que scientifiquement démontrées[34] ». 
Les méthodes et les milieux de culture (sang de cheval, de mouton, humain, hydrolysat de caséine, etc.) utilisés dans ces expérimentations variaient considérablement d’un laboratoire à l’autre et de ce fait, même lorsque ces vaccins furent fabriqués industriellement, les variantes à germes entiers étaient relativement hétérogènes.
Des dizaines de milliers d’enfants servirent ainsi de cobayes, avec des résultats très variables, et souvent des effets indésirables parfois très graves ainsi que de nombreux décès.
En France, Le premier vaccin commercialisé est le Vaxicoq©[35] des laboratoires Mérieux. Il est mis sur le marché en 1959. Son utilisation ne se répand que lorsqu’il est ajouté aux vaccins obligatoires (Tétanos, diphtérie, poliomyélite) en 1966.

La version acellulaire du vaccin, introduit en 1998, ne se trouve pas seul mais est nécessairement combiné dans un tetracoq. C’est le dTcaP[36].  Il est considéré moins efficace que le vaccin à cellules entières mais mieux toléré. Il a cependant aussi son lot d’effets indésirables.
-> Depuis 2007, c’est le seul disponible en France.

Il y a actuellement deux marques commercialisant ce tetracoq, le Repevax© et le boostixTetra©

Avec la disparition du DTPolio on ne trouve en vaccins à multiple valences que des versions où le vaccin anti-coqueluche est inclus d’office. Ce qui, pour l’occasion, crééait une anomalie juridique, car à l’époque de leur insertion, seul trois vaccins étaient obligatoires en France.

Des accidents ?

Le vaccin anticoqueluche est l’un des plus dangereux. Les accidents rapportés ont fait l’objet de fortes controverses dans le corps médical. On parle de cas de morts subites du nouveau-né ainsi que d’encéphalopathies (accident neurologique).

Il y a cinq types différents d’accidents dus à la vaccination contre la coqueluche :

  • Encephalopathie aigüe
  • Anaphylaxie
  • Crises persistantes incontrôlables
  • Décès après vaccination
  • Séquelles

Il existe une variabilité du vaccin en fonction de la souche bactérienne utilisée.
Entre 2 marques de vaccins on a pu constater une variance dans la production d’anticorps[37]. avec une variance d’un facteur de 46 à un facteur de 240 sans, pour autant, que l’on puisse prouver une différence d’efficacité.

Byers[38] indiquait que « l’encéphalopathie consécutive à la vaccination contre la coqueluche semble plus dévastatrice que la grande majorité  des lésions nerveuses après une vaccination variolique », ce qui est très lourd de sens.

Ström[39], chercheur suédois, concorde avec ces avis en indiquant qu’au vue du nombre de cas et de leurs gravités, une vaccination généralisée est sans fondement. Il rajoute qu’une réaction encéphalopathique à la première injection (sur trois), devrait amener à ne pas faire les deux autres. Il poursuit en indiquant que le nombre de séquelles et leurs gravités sont supérieurs à ceux de la maladie elle-même.

/!\ Point intéressant Il précise que les progrès réalisés dans la sécurité du vaccin viennent en grande partie de la plus grande pureté de leur conception[40].

La question des MSN

Un des effets indésirables remarqués est la mort subite du Nourrisson.

Des chercheurs français[41] décident d’effectuer une revue de littérature médicale et regroupent 215 observations d’accidents neurologiques liés temporellement à la vaccination. Dans 80.5% des cas, ceux-ci surviennent dans les 24 heures après injection. Dans 77% des 119 cas où l’horaire précis est connu, les problèmes ont commencé dans les 12 heures suivant l’injection.
-> La répartition non homogène de ses résultats dans le temps démontre une corrélation de cause à effet et enlève la possibilité d’une coïncidence.

Une analyse du C.D.C[42] réalisée sur 23 décès survenus dans les 28 jours après une vaccination au DPT[43] authentifie 16 de ces décès comme des MSN. Les autopsies ont montré une distribution des morts non homogène dans le temps avec un pic dans les premières 24 heures (ce qui démontre là encore un lien clair de causalité entre la vaccination et la mort subite du nourrisson). L’auteur de l’analyse fait remarquer qu’un enfant présentant une certaine fragilité, due à l’immaturité de son tronc cérébral, a, avec l’inoculation d’un vaccin réactogène comme le DPT (donnant souvent fièvre, somnolence et irritabilité), peut être un facteur déclenchant de mort subite.

Une hypothèse pour expliquer ces MSN pencherait vers une faiblesse d’un système neurovégétatif en pleine maturation.
Ce système est responsable du fonctionnement cardio-vasculaire ainsi que de la respiration. Or durant la période périnatale, il y a une forte production de neuropeptides qui sont de puissants sédatifs.
-> Ce taux de neuropeptides varie en fonction de stimulations externes, comme une fièvre consécutive à un vaccin.
L’hypothèse consiste à considérer que la fièvre dû au vaccin va augmenter le taux de neuropeptides et ainsi inhiber le système neurovégétatif au point dans certains cas de l’inhiber jusqu’à un arrêt respiratoire.
-> La baisse de mortalité post-vaccinal lorsque l’on prescrit le vaccin à partir de 2 ans, appuie l’idée que les accidents viendraient d’une immaturité du système neurovégétatif et immunologique.

Le Vaccin au Japon

Au Japon, le résultat de trois études comparatives donnait des informations très intéressantes sur l’incidence et le type d’accidents provoqués par le vaccin[44].

Il y eu, chez eux, des vaccins à cellules entières jusqu’en 1974. Avec une politique vaccinale de trois à cinq mois pour la première vaccination.

  • En 1975, la vaccination est différée à 2 ans et en 1981 la vaccination se fait exclusivement à partir de vaccins acellulaires.
  • De 1970 à 74, on constate avec l’utilisation de vaccins à cellule entière, des accidents neurologiques dès trois mois et tous les 110.000 cas. On constate aussi des décès tous les 170.000 cas (ces chiffres équivalent à ceux trouvés aux États-Unis et en Angleterre).
  • De 1975 à 80, il y a un décalage de la vaccination de 3 mois à deux ans. On constate une baisse des accidents neurologiques de 80% et une baisse de 90% des décès.
    Ces résultats appuient aussi l’idée d’un système neurologique immature avant deux ans.
  • De 1981 à 84 l’introduction du vaccin acellulaire participe à baisser les problèmes neurologiques et les décès.

Il faut savoir que seule la réaction immunitaire à médiation humorale (taux d’anticorps) permet de mesurer l’efficacité d’un vaccin. Dans le cas de la coqueluche, l’anticorps concerné n’est pas déterminé. L’efficacité du vaccin ne peut donc être scientifiquement mesurée, mais seulement évaluée, estimée.

Les réactions allergiques

L’étude de Odent[45], réalisée en Écosse, étudient 446 enfants nourris au sein jusqu’à 6 mois dont 243 vaccinés. Cette étude met en évidence un nombre de cas de coqueluche moindre chez les vaccinés.
-> Néanmoins on constate aussi que les non-vaccinés sont en bien meilleur santé.
Il y a chez eux :

  • 5 fois moins de cas d’asthme
  • deux fois moins d’otite et les séjours à l’hôpital, quand il y en a, sont significativement moins longs.

L’étude étant réalisée en Écosse, un endroit où l’environnement est sain, les résultats ne peuvent être biaisés par un facteur externe.

Que pensez de ce vaccin ?

Avant la généralisation de la vaccination, les enfants contractaient la maladie principalement entre 1 et 10 ans, d’où découlait une immunité durable de 12 à 15 ans. Les adolescents et adultes voyaient leur immunité réactivée régulièrement au contact des enfants. Les cas de coqueluches chez les adultes étaient donc rarissimes.

Depuis la vaccination massive des jeunes enfants, l’épidémiologie de la coqueluche s’est complètement modifiée. Les nourrissons, autrefois protégés pendant au moins six mois par les anticorps maternels (et même plus en cas d’allaitement maternel prolongé) sont plus souvent atteints, avec le risque de complications parfois graves si un traitement n’est pas rapidement mis en place.

D’autre part, une proportion croissante d’adultes contracte la coqueluche, en raison de la faible durée de l’immunité vaccinale et de la perte de réactivation de l’immunité naturelle.

Les nations et la coqueluche

Concernant l’incidence de la coqueluche en France, depuis le début du 20ème siècle et en dépit des épidémies (tous les quatre à cinq ans), il y a eu une régression de la mortalité.
-> Les décès par coqueluche avaient baissé de 92% à l’arrivée du Vaxicoq© et de 96% à l’arrivée du Tetracoq.

Les pays les plus critiques envers le vaccin (Allemagne et Suède) ont stoppé le vaccin sans qu’aucune différence sur l’incidence de cas ne puisse être détecté.

En 1977-78 la Suède a connu une épidémie de coqueluche avec un taux d’immunisation supérieur à 80%. C’est la raison de l’arrêt de cette vaccination.

Un bulletin statistique du ministère de la santé française datant de 1974 rend compte précisément de l’intérêt de la vaccination contre la coqueluche : 

« On serait tenté de porter à l’actif de la vaccination anticoquelucheuse, de plus en plus répandu, la régression massive du nombre de cas déclarés, si la rougeole n’avait pas subi une évolution parallèle en l’absence de vaccination ».

-> La couverture vaccinale actuelle est très basse.

Il est à noter que depuis 1986 la maladie n’est plus à déclaration obligatoire.

[33] Ce serait ce cri qui aurait donné le nom à la maladie.

[34] OMS « Vaccination Antidiphterique et anticoquelucheuse », Dubrovnik, Yougloslavie, 13-18 octobre 1952

[35] C’est un vaccin à germes entiers préparé à partir de cultures de bactéries Bordetella pertussis, qui sont ensuite inactivées

[36] Diphtérie, Tétanos, Coqueluche, Poliomyélite. Les minuscules indiquant une dose moindre d’antigène

[37] Différence de l’immunogénicité

[38] Byers R. K., Moll F. C., « Encephalopathies following prophylaxis pertussis vaccination », pediatrics, T.1(4),P.437-45. 1948.

[39] Dans le British Medical Journal, P.1184-86. 1960, 22 octobre.

[40] Moins d’impureté du type allergène, bactérie ou organite.

[41] Aicardi J., Chevrie J. J., « Accidents neurologiques consécutifs à la vaccination contre la coqueluche », archives française de pédiatrie, T-32, P309-18. 1975.

[42] Baraff L. J. et al., « possible temporal association between diphteria-tetanus toxoid-pertussis vaccination and sudden infant death syndrome », pediatric infectious diseases Journal, t. 2(1), P. 7-11, 1983

[43] Vaccin Américain à trois valences :  Diphtérie, Pertussis/coqueluche, tétanos.

[44] Cherry J D. et Al., « Report of the task force on pertussis and pertussis immunization », pediatrics, T.81 (Suppl) ; P937-84, 1988.

[45] Odent M. et Al, « Pertussis, vaccination and asthma, is there a link ? »,JAMA,T.272,P.592-3,1994.

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