OGM, Une Riche Idée 7/7 – Derniers Mots

Au travers de ces différents articles nous avons pu appréhender l’évolution de l’agriculture et des semences au vingtième siècle. Le but de cette visite n’était pas uniquement informatif. Elle avait pour volonté de cerner la logique agricole pré-OGM afin de comprendre ce qu’apporte l’OGM comme avantages financiers, faute d’être une technologie aboutie.
On se rend compte rapidement que les avancées en termes de gains et profits possibles sont nettes. Non limitées aux semences allogames comme les hybrides, les OGM, brevetés :

  • doivent être rachetés chaque année ;
  • sont vendues plus cher que les hybrides, et
  • permettent d’imposer une taxe technologique à l’hectare.

Cette vision est, par défaut, occultée du consommateur qui, regardant cela de très loin, va seulement comprendre que les OGM sont la marche logique du progrès, aidé en cela il est vrai, par des médias très complaisants, voir dénigrants1.

Le visage moderne de l’agriculture intensive

Le visage de l’agriculture est devenu capitaliste. Il s’agit de faire de l’argent, mais pour qui et aux dépens de qui ? Car c’est finalement cela le fin mot de l’histoire. Nous avons montré comment un monde paysan, passé à l’air industriel, a vu sa part de profit diminuée. Il est à présent enchaîné aux normes du progrès et pressé par les centrales d’achats et les coopératives de vendre toujours plus bas.

L’agriculture intensive n’assure pas le meilleur rendement à l’hectare mais le meilleur rendement par paysan nous explique Claude Bourguignon, expert mondial en microbiologie des sols. Il devrait dire aussi qu’elle n’assure pas non plus la meilleure qualité mais seulement la plus grande quantité. Une quantité qui est subventionné, donc payé doublement par le consommateur ( une fois à l’achat, une fois par les impôts sous forme d’aides). Car c’est bien là le fait d’une agriculture envahie par le capital, elle doit rapporter.

Dans ce contexte, les OGM trouvent parfaitement leur place et se présentent comme une étape logique du « buisness plan » agricole.
Et si cela doit se faire aux dépens du consommateur, et bien ma foi, ce ne sera pas la première fois. Et il faut dire ce qui est, il s’intéresse tellement peu à ce qu’il mange, si ce n’est le packaging, qu’il serait peu rationnel de ne pas rentabiliser son ignorance et sa paresse pour parfaire son profit.

Nous finissons sur un témoignage de Pierre Besse tiré du livre « la bio entre business et projet de société », évoquant en premier lieu des semences d’oignons, au goût délicieux, retrouvés dans le réfrigérateur d’une retraité.

…À ma connaissance, tous ces délicieux oignons n’ont jamais fait l’objet d’aucun programme scientifique d’amélioration génétique. Depuis le temps que je les fais pousser, que je l’ai récolte, que je les fais goûter aux adhérents de mon AMAP et que je les mange moi-même, je ne cesse de me demander ce que peut bien recouvrir cette expression « amélioration génétique » devenue le fond de commerce de maintes entreprises qui ont conquis en un demi-siècle la quasi-totalité du marche de la semence – car il s’agit bien désormais d’un marché.

Je ne suis pas le seul à m’interroger. Sabine est agricultrice Bio installée depuis dix ans dans le Gers. Pour elle, les choses sont claires : « Ces trois dernières années, j’ai pu faire la comparaison dans mes champs entre une variété de blé « moderne » et une population de blés anciens – c’est à dire qui ne sont pas passés entre les mains de semenciers ; et entre luzerne « de grenier » et une luzerne de semencier. Je n’hésite pas une seconde. Les populations que j’ai maintenant sur la ferme sont nettement plus performantes pour mon contexte de sol et de climat, et mes contraintes culturales. Les résultats sont excellents malgré l’absence d’intrants : pas de souci avec la sécheresse ; résistance à l’enherbement ; vigueur et matière sèche produite ; qualités aromatiques pour les blés transformés en pain… »

Pourtant, la plupart de ces variétés ne sont pas inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés végétales. En vertu de quoi, si la loi française autorise encore les jardiniers amateurs, à titre dérogatoire, à en échanger les semences, elle interdit aux professionnels de les mettre sur le marché, dès lors que le produit de la culture est destiné au commerce.
Par « mettre sur le marché », il faut entendre vendre, mais aussi échanger ou donner. Le fait d’être certifié bio n’arrange rien. Ne pouvant semer que des semences certifiées AB, les agriculteurs labellisés bio doivent présenter au certificateur une facture ou un bon de cession pour tout lot de semences utilisées. Or ces documents sont autant d’aveux d’infraction pour les auteurs, qui fournissent des semences de variétés non inscrites au catalogue officiel. Les organismes certificateurs du label AB ne sont pas censés vérifier l’application de la réglementation générale sur les semences mais seulement vérifier que les semences de leur clients soient bien certifiées bio. Étant accrédités par l’état, en cas de requête du gouvernement , sont-ils en mesure de garder par devers eux ces documents potentiellement compromettants ? Quand j’ai posé la question à mon certificateur, il m’a répondu que non.

1Jean Daniel expert sur France 2 a déclaré lors du journal de 20H animé par David Pujadas, qu’il n’y avait aucune étude montrant la dangerosité des OGM. Que ceux-ci sont cultivés dans de nombreux pays dont l’Inde et les États-Unis. Il a ensuite expliqué, « avec talent », que les français sont contres mais ne savent même pas pourquoi( Dixit : L’immobilisme, la peur du changement et du progrès et un certain crétinisme à la française est ce qui empêche aux OGM d’arriver en France.)

Bibliographie

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