OGM, La Tech 3/7 – La Loi Européenne

Par défaut, on pourrait croire qu’un organisme dont le patrimoine génétique a été modifié en laboratoire d’une manière non « naturelle » est un OGM. Si l’on se réfère à la directive 2001/18/CE, c’est le cas des plantes transgéniques mais non des plantes mutantes qui, pour certaines, voient pourtant leur patrimoine génétique modifié en laboratoire. Comment comprendre l’expression OGM alors ?

Les méthodes existantes de création d’un OGM:

Les modifications génétiques peuvent être obtenues soit en modifiant directement l’ADN (mutagenèse, polyploïdie…), soit en incorporant un morceau d’ADN étranger (transgenèse, fusion cellulaire…). L’important est qu’elles doivent aboutir à un « nouveau » patrimoine génétique en apparaissant dans les cellules de l’organisme « modifiées » autrement que par multiplication et/ou recombinaison naturelle. Dans ce cadre, la directive 2001/18/CE définit que la recombinaison de l’ADN, la micro ou macro injection d’ADN et l’hybridation de cellules vivantes (modifiées par des techniques non naturelles) conduisent à des OGM. Mais, selon cette même directive, les méthodes suivantes n’aboutissent pas juridiquement à la conception d’OGM:

  • la fécondation in vitro,
  • l’induction polyploïde (il s’agit d’un processus basé sur la copie de plusieurs chromosomes),
  • les processus naturels de reproduction non sexuée (comme les mécanismes de conjugaison, transduction, et de transformation cellulaires) si les organismes initiaux n’ont pas déjà été génétiquement modifié,
  • la mutagenèse,
  • la fusion cellulaire.

Notons que la directive 2001/18/CE exclue, la mutagenèse et la fusion cellulaire, des méthodes n’aboutissant pas juridiquement à la conception d’OGM par exception et non par définition. La directive précise que seules les cellules vivantes ayant subi une modification de leur ADN par injection ou hybridation artificielle sont juridiquement des OGM.

Les techniques qui permettent d’obtenir des OGM ne sont pas utilisées uniquement dans le domaine des semences agricoles, on les retrouve dans quatre domaines qui sont :

  • La recherche (en modifiant le génome (L’ensemble de nos gènes répartis sur 22 paires de chromosomes représente notre génome) pour étudier un organisme).
  • La santé (pour la production d’insuline, d’hormone de croissance et pour la fabrication du vaccin contre l’hépatite B à partir de levures et de cellules d’ovaires de hamster),
  • L’agriculture (principalement pour rendre une plante résistante à un herbicide non sélectif (Comme le Round Up ® de Monsanto [2]).
  • L’industrie (dans le cadre de la transformation de plantes, de création de matériaux et de la production à plus grande échelle).

La réglementation des OGM est changeante en fonction des pays. Des mesures juridiques variées ont été prises dans le monde concernant la recherche, la production, la commercialisation, et l’utilisation des OGM dans leurs divers domaines d’application. La réglementation en Europe est plus restrictive qu’en Amérique du Nord et dans les pays émergents en ce qui concerne l’exploitation agricole des OGM, leur commercialisation et leur consommation alimentaire.

[1] Méthode chimique ou physique utilisée pour changer ou faire muter la séquence génétique d’un organisme, sans ajouter d’ADN d’un autre organisme. Divers produits chimiques et rayons ionisants peuvent être utilisés

[2] Un herbicide dit total. C’est un herbicide qui tue tout végétal sans distinction , mais aussi pour forcer les plantes à sécréter un insecticide choisi

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