Le livre noir de l’agriculture

Comment on assassine nos paysans notre santé et l’environnement

Isabelle Saporta, Chez Fayard

Isabelle est une journaliste, elle a longtemps préparé les émissions de Jean pierre Coffe sur France Inter. Elle est le coauteur du documentaire « manger peut-il nuire à notre santé ? » et collabore avec Marianne.

Élément de réflexion du Livre :

Le livre traite, par chapitre, de différents types de productions intensives en général comparées à une version traditionnelle, bio. La plus grande partie concerne le porc qui a été choisi par rapport aux autres viandes pour le coté emblématique portée par la torture et la pollution associés à sa production. Ensuite quelques productions de légumes sont passées au crible comme pour la tomate, le blé, les patates…

Il y a beaucoup d’informations intéressantes dans ce livre et le but de cette fiche sera d’en garder l’essentiel.
Un des points plus mis en avant dans cette ouvrage est l’idée du vrai prix des aliments. Car au prix payé en caisse s’ajoutent les subventions payées, et le coût sur la santé.

Budget de la politique agricole commune : 57 milliards d’euros en 2010 (44% du budget de l’Europe).

« L’agriculture actuelle ne respect ni le pacte social qui la lie aux paysans, ni le pacte environnemental qui la lie aux générations futures, ni même le pacte de santé publique qui la lie à nous tous. Les agriculteurs ne s’en sortent plus, les ressources d’eau sont gaspillées et polluées. Nous retrouvons chaque jour dans nos assiettes notre dose de pesticides et autres résidus médicamenteux. La confiance est perdue. L’agriculteur est injustement voué aux gémonies, lui qu’il n’est que le bouc émissaire d’un système qu’il subit. »

Remarque : Il y a dans ce livre un ton sous-entendu semblant dire « vous vous rendez compte comme c’est mal » teintée d’une pointe de « je suis supérieure » parce qu’elle sait et pas nous.
Bien que ce soit gênant, cela reste néanmoins suffisamment trop peu présent pour nuire au travail effectué.

Le porc

Le premier point important à avoir en tête, c’est l’époque de modernisation d’après guerre.
Cette modernisation se fait au niveau technique mais aussi avec une spécialisation territoriale (la Bretagne fera du porc) et une concentration des exploitations (de 1968 à 2010 le nombre d’exploitations a été divisé par 50, de 795.000 à 15000).

Avant, une ferme faisait de l’élevage qu’elle nourrissait avec son propre fourrage. Les porcs circulaient en plein air, et le Larousse agricole nous expliquait que plus une bête voyait le soleil, meilleure serait la viande.
Le lisier n’était pas, non plus cette catastrophe écologique pour les nappes phréatiques et les rivières car il se mélangeait à la paille de la litière. Ce qui donnait un fumier d’excellente facture [1].
En un mot, la notion d’équilibre était présente.

La passage à une agriculture intensive a nécessité l’établissement d’un cahier des charges et de taux de rentabilité. La notion de respect du vivant a été mis de côté (les conditions dans les élevages intensifs sont qualifiés de concentrationnaire) et l’animal a été réduit à une usine à viande.

Produire au moins cher

Le premier point concerne la sélection génétique. La finalité est d’avoir un porc dont l’énergie est optimisée pour faire du muscle tout en utilisant le moins de nourriture possible.
C’est-à-dire qu’il ne doit :

  • pas ou peu faire de graisse,
  • que son cœur soit d’une taille modeste (actuellement, les porcs de production pourraient être victime d’un arrêt cardiaque lors d’une saillie),
  • que ces os soient d’une épaisseur suffisante
  • et qu’enfin, le moins possible d’énergie soit dédié à son système immunitaire (ce qui oblige à filtrer l’air en permanence).

La conséquence de ce cahier des charges, c’est la disparition des races rustiques, nombreuses, qui existaient (il y avait avant, autant de types de cochons que de régions).
Les quatre races fétiches de l’industrie (landrace, pietrain, largewhite & duroc) représente à présent 99.8% de la production de porcs en France.
Les 0.2% restant correspondent à six autres races (Blanc de l’ouest, cul noir du limousin, basque, cochon de bayeux, gascon, nustrale) qui sont exploités par des amateurs.

Dans les salons, le généticien vendeur de verrats (porcs reproducteurs) devra proposer une race qui présente les qualités recherchées par le producteur intensif. A savoir avant tout, un bon rendement quelque soit les conditions existant en milieu industriel.
Le cochon devra donc pouvoir produire de la viande qu’il soit :

  • installé sur caillebotis ou paille,
  • bien ou peu nourri,
  • ou place dans des conditions difficiles sans pour autant qu’il stresse (le stress acidifie la viande).

La reproduction

Celle-ci commence par la sélection d’une bonne truie.
Prenons l’exemple du modèle Naïma de Pen ar Lan, qui est décrit comme ayant un instinct maternel particulièrement développé.
En termes industriels, cela veut dire :

  • Qu’elle a la prolificité des pontes ovulaires des truies européennes avec les qualités utérines des truies chinoises.
  • Qu’elle a des mises en chaleur très marquées,
  • un ISSF court (intervalle de sevrage de saillie de fécondation, c’est-à-dire le temps qu’il faut à pouvoir enlever les porcelets de leur mère avant de la remettre au boulot, ici 6 jours au plus),
  • une mise-bas (vêlage) rapide (pour une vingtaine de porcelets)
  • et 18 tétines au moins (comparer à 10 d’origines).
La reproduction, quelques notions clés : 
truie mannequin, cochon souffleur, groin contre groin, salive du verrat gavé de phéromones, sonde pour truie de marque Kobi (version mousse : une forme arrondie qui facilite l’introduction, version spirale : pour une bonne stimulation de l’animale, version soft : grande facilité de pose sans lubrification). Entreprise Ro-main et son pigwatch (détecte automatiquement les truies en chaleur « c’est l’assurance d’avoir un employé expérimenté derrière chaque truie 24/24 365 jours par an »).

Pour réduire la durée des cycles et passer de 16 à 30 porcelets par an il faut des hormones.
On compte en moyenne 15% de perte à la naissance à cause de malformations ou autres soucis avec cette méthode (un chiffre qui est en augmentation). Le porcelet doit être sevré en 21 jours. Les truies, utilisées ainsi comme reproductrices, vivent environ 2,5 ans avant, épuisées, d’être envoyé à l’abattoir.
Pour autant, si elles donnent des signes de faiblesses pendant une césarienne, elle sera aussi directement mise à mort. On lui administrera un gros coup de massue sur la tête avant de l’ouvrir en deux pour récupérer le minerai.
Ce traitement est administré principalement aux coches. Des truies de deux, trois ans fatiguées. Elles sont parfois refusées en abattoir à cause de sa taille non standard (mastodontes). 500.000 sont ainsi réformées chaque année.

La viande de coche est considérée comme une viande au rabais par l’éleveur. C’est pour ça qu’elle sera transformée en saucisses, rillettes ou saucissons [2] (ces trois préparations représentent 75% de notre consommation de viande de porc).
Concernant la production de porcelets, il y aura toujours de la perte volontaire. En effet, le producteur ne gardera que le nombre de porcelets équivalent aux nombre de tétines disponibles.
Si une portée est de 20 petits max, et qu’il n’y a que 15 tétines disponibles, 5 porcelets, les plus chétifs, sont tués.
-> Dans un élevage classique la truie met à bas 12 petits au maximum. Ceux-ci naissent en bien meilleur santé.
Dans les faits, le producteur cherchera à faire naître jusqu’à 30 porcelets par portée pour être sûr d’en avoir de 15 à 18 qui soient sains. Le reste à la tête éclatée contre un mur ou directement sur les caillebotis.
Il faut bien garder, en élevage industriel, que le but est de faire de l’argent. L’éleveur va fonctionner de façon à assurer un rendement maximum, personne ne rentre dans l’élevage industriel pour de faibles profits.

Dès sa naissance, le porcelet reçoit un traitement. C’est-à-dire que :

  • ses dents sont meulées,
  • sa queue coupée
  • et il est castré, le tout à vif.

Si la castration concerne le goût de la viande, couper la queue et meuler les dents sert à limiter le comportement agressif du porc avec ses congénères. De plus, donner une nourriture riche sans qu’il soit possible de bouger rend le cochon dépressif, agressif, et à moyen terme, potentiellement cannibale.

Les exploitations

Les exploitations depuis 40 ont été multipliées en taille par 70 (de 12 à 13 porcs dans les fermes d’antan à environ 900 actuellement pour une exploitation de taille moyenne).
3000 élevages concentrent la moitié de la production de viande porcine. La Bretagne concentre la moitié de la production, ça fait un breton pour trois porcs.

Les exploitations sont des hangars fermés, éclairés par néons (qui s’allume uniquement quand l’exploitant vient vérifier que la machine à soupe (un distributeur automatique de nourriture fonctionnant par tuyaux) fonctionne correctement) ou pour procéder à des injections. Le cochon vit dans des conditions hors sol sur caillebotis (sorte de grilles suffisamment espacées pour laisser passer les fientes, mais sur lequel les cochons s’esquintent les pattes) avec un espace de vie réduit au minimum possible.
La concentration porcine plus les fientes qui s’accumulent sous le caillebotis charge l’air en ammoniac et en squame de peau.
-> Il est obligatoire de filtrer en permanence cet air (un groupe électrogène de secours est obligatoire dans les hangars) sous peine de voir le cheptel mourir en quelques heures.
De plus, une température étouffante y règne en permanence pour que les bêtes ne perdent pas d’énergie à se réchauffer ou à faire du gras (le porc industriel a perdu 1 cm de gras en 10 ans).

Ces hangars sont énergivores non seulement par leur automatisation et les conditions spécifiques qu’ils doivent entretenir mais aussi à cause de leur âge avancé (18 ans pour une forte proportion d’entre elle). Cela donne des installations majoritairement vétustes concernant la facture énergétique qui revient en moyenne à 1171 kW/h par an et par truie.

Les médocs

Toute la chaîne de production est synchronisée au jour prêt.
Cela commence avec les chaleurs de truie qui sont déclenchés (synchro donc) avec des hormones (le Fertipig et la Gonadotropine) après lequel la truie est entravée pendant trois jours pour être sûr d’avoir une insémination efficace.
Trois mois, trois semaines et trois jours plus tard les porcelets naissent de manière synchro grâce à des injections d’œstrogène, suivit d’ocytocine pour les contractions et la montée de lait (on rajoute un spasmolytique et un vasoconstricteur pour un bon rythme d’évacuation).
On obtient 18 à 19 porcelets ou minerais. Pour être sûr qu’il n’y ai pas de mammites (infection des mamelles), on ajoute une bonne rasade d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires.

-> 10% des truies font des cystites [3] ( à cause de leurs vulves ouvertes baignant toute la journée dans leurs excréments).
-> Une castration chimique ou immunocastration est mise en place grâce à des hormones de synthèse (elles stoppent la testostérone et donc les stéroïdes comme l’androstérone (principal responsable de l’odeur chez le verrat) et le scatole).
-> Le cochon s’ennuie terriblement dans un élevage industriel, c’est pourquoi il est nécessaire de lui injecter des antidépresseurs pour éviter qu’il ne se défoule trop sur ses congénères de boxe (non donné au micro-enclos d’élevage).

Concernant les antibiotiques, les porcs en élevage industriel consomment la moitié des « prescriptions » vétérinaires, c’est-à-dire 675 tonnes [4].
Normalement les activateurs de croissance sont interdits depuis 2006, pourtant la consommation d’antibiotique n’a pas baissé. Pourquoi ?
C’est assez pernicieux, mais lorsque la médication a été stoppée (qui joue le rôle d’activateur de croissance et de régulateur digestif), les élevages ont dans le même temps déclaré une apparition simultanée de pathologies. Pathologies nécessitant un traitement aux antibiotiques pour guérir.
-> Au final l’antibiotique avant prescrit comme additif est maintenant prescrit comme curatif.

Les autres injections sont la céphalosporine [5] pour les arthrites à streptocoque, des fluoroquinolones [6] pour le traitement des mammites et des métrites après mise-bas et enfin des polypeptides [7] (surtout colistine [8]) pour le  traitement des colibacilloses et pour le sevrage des porcelets).
Le porcelet récupère de 60 à 70% de la quantité d’antibiotiques.

La consommation de céphalosporine et de fluoroquinolone a augmenté de 50% depuis 1999. Ce qui peut être un problème :


« Les céphalosporines de 3ième et 4ième génération et les fluoroquinolones sont considérées comme particulièrement importante en médecine humaine, car elles constituent l’une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l’homme. C’est très angoissant, surtout que l’on sait maintenant qu’il y a dissémination de bactéries résistantes entre les animaux de rente et nous, que ce soit via la nourriture ou les affluents d’élevage. »[9]

Des études réalisées sur les éleveurs de porcs montrent qu’ils sont tous colonisés par des bactéries résistantes. Ces bactéries passent bien de l’animal à l’homme.
L’antibiorésistance est un sujet de préoccupation grandissante, de par sa progression alarmante. 400.000 cas sont constatés chaque année en Europe donnant 25. 000 morts [10].

Pour comprendre pourquoi est-ce que l’on administre autant d’antibiotiques sans s’en faire, nous allons évoquer le cas de l’oxyde de zinc.

C’est un additif alimentaire non antibiotique mais pourtant très efficace [11]. Les dosages utilisés en France sont très faibles car pour réellement pouvoir l’utiliser, il faut poser une demande de mise sur le marché qui coûterait des centaines de milliers d’euros. Vu le faible prix de la matière première, ce n’est pas rentable. De plus, si avec l’oxyde de zinc, on arrivait à se passer facilement d’une bonne part des antibiotiques « ça ferait passer les vétérinaires français pour des adeptes du traitement systématique [12] ».  Et en effet dans le cas des antibiotiques directement inclus dans la nourriture et l’eau, nous avons l’équivalent d’une prescription systématique et indifférenciée.
-> SI un produit peu cher et efficace n’est pas promu c’est que nous sommes dans un système déjà établi où les éleveurs commandent, les usines fabriquent, et où le vétérinaires cautionnent.

La législation et les médocs

Il faut savoir qu’avant 1975, il n’y avait pas de lois au niveau des médicaments. A part pour certains sérums et vaccins, on pouvait fabriquer, stocker et vendre les médicaments de façon libre.
Le législateur a donc fait le ménage, mais en laissant aux groupements d’éleveurs le droit de pouvoir commander directement aux laboratoires, aux distributeurs et en gros volumes, les médicaments recommandés du plan sanitaire d’élevage ou PSE.
C’est-à-dire les vaccins, les antiparasitaires et les hormones [14].
Mais pour être vraiment à l’aise, les éleveurs ont salarié des vétérinaires pour qu’ils prescrivent tous les médicaments nécessaires, dont beaucoup ne faisaient parti du PSE.
-> Cela s’est vu et a donné l’arrêt Riaucourt de 2007.
Cet arrêt avait pour but d’empêcher les coopératives de s’enrichir sur la vente de médicaments sur le dos de leurs adhérents.
C’est le conseil d’état qui a tranché le litige indiquant qu’il s’agissait « d’un exercice illégal de la pharmacie » qui a « pour effet de lui rapporter indûment un surplus de chiffre d’affaire ». Il précise que le confrère salarié qui prescrit et délivre ces médicaments « facilite et couvre de son titre » l’exercice illégal du groupement, et peut donc être sanctionné par l’ordre comme se livrant à « des actes déloyaux contraire à l’honneur et à la probité ».
Les coopératives avaient anticipé cet arrêt. Leurs vétérinaires salariés ont créé des sociétés d’exercice libéral ou SEL.
Celles-ci prescrivent à nouveau en toute légalité et de façon à ce que les coopératives récupèrent les bénéfices de la société.
-> Elles déclarent des frais de fonctionnement et de renouvellement ahurissant. 
Pourtant une société libérale doit payer l’URSSAFF, les charges réelles et la taxe professionnelle,
-> pour compenser le coût de fonctionnement des SEL, celles-ci prescrivent plus de traitement à leurs adhérents.

Comment se fait-il que ces SEL ne se fassent pas prendre la main dans le sac ?

C’est très simple, il y a 22.000 pharmaciens, et les enquêtes officielles sont longues,. De plus le fonctionnement des SEL est tellement raffiné pour paraître honnête que les inspecteurs, pas assez qualifié, se font balader.
Si l’on regarde la somme nécessaire de savoir à posséder pour pouvoir apprécier le fonctionnement d’une SEL, on comprend en effet qu’il faut être particulièrement diplômé :

  • Droit social,
  • Droit du commerce,
  • Droit des sociétés,
  • Connaissance comptable permettant de lire et de comprendre un bilan comptable d’une SA, d’une SEL ou d’un cabinet vétérinaire.
  • Sans compter la connaissance très fine du fonctionnement des groupements d’éleveurs, des sociétés libérales vétérinaires, de la pharmacie vétérinaire, du traitement spécifique à chaque animal….


-> Seul un ou deux inspecteurs du service vétérinaire sont à la hauteur.
-> De plus l’accès aux coopératives leurs est souvent refusé et c’est par des astuces qu’ils réussissent à s’inviter. Les autorités, elles-mêmes, font en effet barrage à ces contrôles.
-> Ce qui amène à dire que le vrai ministre de l’agriculture est le patron de la FNSEA (fédération nationale des syndicat d’exploitant agricole).

Les non vendables

Ils sont de plusieurs types.
Comme nous l’avons vu, lors des mises à bas, il y a un plus grand nombre de porcelets que de mamelles. Une première partie meurt sans finir en viande à ce moment.
il y a aussi une sélection du côté des abattoirs qui ont obtenu le droit de pouvoir refuser les cochons en mauvais état physiologique.
-> Le but étant d’évincer ceux, trop lent, qui risqueraient de perturber (ce qui est par ailleurs une merveille d’horlogerie) le fonctionnement de l’abattoir high Tech totalement automatisé.
-> Ces porcs sont ramenés et euthanasiés. Jusqu’à maintenant avec un grand « poc » sur la tête, mais de plus en plus avec des méthodes plus moderne comme le pistolet à tige ou les pinces électriques (si cela n’est pas disponible on utilisera une méthode plus seconde guerre comme ce bon vieux caisson à dioxyde de carbone).

En proportion sur une exploitation moyenne de 160 truies, sur un an, il faut compter 1330 morts et donc 15 tonnes de viande perdues.
-> Ça fait 96 kilos de viande mis à la poubelle par an et par truie. A l’échelle nationale ça fait 131.000 tonnes par an [15].

L’alimentation

250 usines fabriquent 6,5 millions de tonnes d’aliments par an d’ingrédients qui viennent du monde entier.  Une usine qui produit 450.000 tonnes par an traite 3.000 tonnes par jour. Cela fait deux trains ou 140 camions.
La devise pour nourrir le porc c’est produire toujours moins cher. Ce qui fait que si les matières premières flambent en prix à la bourse, c’est le manioc qui sera préféré aux tourteaux ou au maïs (bien qu’il donne la courante -> une dose d’antibiotique supplémentaire pour les soigner).

« Un chercheur de l’INRA se rappelle avec effarement que le nutritionniste d’une grande coopérative l’avait appelé pour lui demander si l’huile de coton était consommable par ses porcs.
– C’est une culture soumise à de nombreux pesticides, pourquoi vouloir donner ça à vos porcs ?
– Parce que je viens de toucher un lot pour pas cher, lui répond le nutritionniste sans sourciller.
Le porc en effet est très résistant, c’est pour cela qu’il reçoit les déchets de l’agrobusiness (reste d’huile, déchet agrocarburant, amidonnerie, tourteaux [16]).
Il faut aussi savoir que tous les additifs et les vitamines de synthèse qui sont rajoutés à la nourriture viennent de Chine. Ce qui donne parfois des intoxications aux métaux lourds [17].

Bien qu’il soit nourrit avec beaucoup de déchets (résidu de soja OGM, déchets d’huilerie), sa ration contient cependant 50% de blé [18]. Ce qui fait que l’élevage de porcs participe à la flambée des prix et d’une façon indirecte à la famine.

Un mot sur le fonctionnement de la grande distribution

Avec les dates de fraîcheur et les critères de tailles et d'esthétismes, les entreprises qui vendent des produits en supermarché doivent assurer en amont une production qui occasionne des pertes.
Le cahier des charges étant strict et les amendes en cas de manquement salées, il faut avoir toujours un surplus de stock à proposer (pour des produits frais, ce qui n’est pas pris le jour même est jeté le lendemain) et aussi assurer l’excellence esthétique et sanitaire. 
Ce fonctionnement créé 450.000 tonnes de nourritures conçu pour la grande distribution mais rejeté car statué comme non conforme. 
-> C'est 450.000 tonnes pourraient être utilisées pour l’élevage de cochons [19].

La pollution porcine

La pollution créer avec le cochon vient de sa concentration en hors-sol.
Si on repartait sur des hangars aérés et qu’on remplaçait les caillebotis par de la paille on enlèverait le problème de pollution des eaux et on obtient un engrais haut de gamme.
De plus, d’après André Pochon [20], les coûts sont réduits d’un tiers pour l’exploitant, voire plus si on ajoute le retraitement du lisier [21]. Sans compter que dans ces conditions, le cochon est plus heureux et pousse plus vite et pour une meilleure viande.

La baie de Saint-Brieuc est devenue un enfer écologique. 70.000 tonnes d’algues vertes sont engendrées par 8 à 10 millions de tonnes de lisier [22].
L’état à allouer 134 millions d’euros sur 5 ans. 700.000 Euros pour le ramassage des algues et le reste pour financer à 60% des usines de méthanisation [23].

Sur 10 euros au Kilo dépensé pour un jambon blanc. 1,67 euros reviennent à l’éleveur, 3 euros pour l’industriel salaisonnier et 4,4 pour la grande distribution.

Le Maïs

Le maïs est la plante la plus cultivée de la planète, bien avant le blé.
Il recouvre 140 millions d’hectares. En France sa production a été multipliée par 10 en 60 ans. Nous en cultivons sur 3,15 millions d’hectares.

Le rendement à l’hectare a doublé en 30 ans pour atteindre 16 millions de tonnes de production annuelles [24].
C’est l’INRA [25] qui l’a adapté à notre climat en créant un hybride stérile (dont on doit racheter les semences chaque année).
En Bretagne ceci dit, il manque vraiment de soleil, donc on cueille le maïs encore un peu vert et on s’en sert pour l’ensilage [26]. Ce qui donne une sorte de poudre de maïs fermentée, qui donne mauvais goût au lait jusqu’à sa fermentation.

Le maïs correspond à 84% de fourrage donné aux bovins (colza sorgho, pois et féveroles existent peu maintenant dans le fourrage).

Le sud-ouest représente 40% de la production de maïs.
C’est une agriculture, dans le sud, qui est nécessairement irriguée et qui coûte 2 millions de litre d’eau à l’hectare à l’année.
Les surfaces irriguées ont été multipliées X3 des années 70 à 2000 (1,5 à 1,8 millions d’hectares) et elles devraient continuer à augmenter jusqu’en 2020 pour atteindre 3 millions d’hectares.

Détail intéressant, un agriculteur de la Vienne dans le Poitou-Charentes qui irrigue est subventionné à hauteur de 540 euros et à un peu moins de 340 euros s'il n’irrigue pas [27].

Depuis 2003 les subventions pour les irrigants ne sont plus permises et donc bien que les mêmes sommes soient données, il n’y a plus visuellement de subvention.
Or ce sont ces subventions qui rendent le maïs rentable.
L’irrigation agricole ponctionne entre 71 et 75 % du prélèvement d’eau.
Cette ponction peut dans les régions du sud monter en plein été à 85 voire jusqu’à 95% de la ressource.
-> Donc c’est trop.
Quand on sait en plus que contrairement à l’Espagne l’Italie ou la Grèce, la France ne s’est pas converti aux formes durables d’irrigation (goutte à goutte, micro jet qui permettent de doubler les rendements et de diviser la facture d’eau par trois) on ne peut qu’être atterré du gâchis opéré.[28].

Les effets pervers de cette course à l’irrigation sauvage ? Ce sont des conditions de sécheresse dans les départements les plus subventionnés et donc des restrictions d’eau pour le public.
Que font les pouvoirs publics en cas de sécheresse ? Le fond national de garantie des calamités agricoles[29] verse des indemnités aux agriculteurs sinistrés.
-> En 2005 la somme était de 238 millions d’euros.
-> En 2003 pendant la sécheresse elles étaient de 582 millions d’Euros quand les primes à l’irrigation étaient de 148 millions d’euros.

Les pesticides et le Maïs

Ce sont principalement cinq pesticides qui sont concernés :

  • Le dimethenamide,
  • l’acetochlore ,
  • le metolachlore
  • mais aussi l’atrazine
  • et l’alachlore.

L’atrazine a été utilisé pendant 40 ans avant d’être interdit en 2003 [30]. Une interdiction assez lax puisqu’elle permit aux agriculteurs de finir les stocks tranquillement (on en retrouve des traces d’atrazine en 2010 [31] à cause de sa durabilité).

Pourtant le maïs est une plante très robuste naturellement et qui se cultive facilement en bio.
-> C’est la sélection privilégiant systématiquement le rendement sur la résistance qui rend les hybrides, semences actuellement utilisées, dépendant des produits phytosanitaires.
L’autre problème du maïs, c’est que la terre reste nu d’octobre à juin, permettant son lessivage et l’arrivée des nitrates dans les eaux.
Le maïs sert quasi exclusivement à nourrir les élevages en hors sol. Il est en effet très énergisant, Il complète parfaitement le soja et son apport en protéines.

Le soja vient d’Amérique du sud. On en importe 4,7 millions de tonnes depuis 10 ans chaque année.
Il est transgénique. Au Brésil, il engendre une paupérisation des richesses, un appauvrissement des sols[32] et un exode vers les bidonvilles.
L’Europe importe 72% de ses protéines et essentiellement du soja, ce qui crée une forte dépendance au cours des marchés internationaux.

Le maïs depuis des dizaines d’année surcharge la viande en Oméga 6. Le lin plante riche en Oméga 3 et qui ne demande aucun traitement, est de temps en temps utilisée dans l’alimentation pour rééquilibrer les taux d’oméga dans les graisses.
Elle pour défaut d’engendrer un coup supérieur au kilo pour la viande de cochon de l’ordre de 2 centimes.
-> Ce qui ne correspond pas au cahier des charges que donne les coopératives à leurs adhérents.

Une étude intéressante sur le rapide déclin des maladies coronariennes dans les pays d’Europe de l’Est [34] montre que ce déclin date des années 90 quand le prix des matières grasses animales a littéralement explosé. 
-> Les habitants de ses pays se sont alors massivement converti à l’huile végétale, dont la consommation a doublé voire triplé.
Là où le choix de l'huile végétale consommée fut de l'huile de colza, en Pologne, république tchèque et Slovaquie, le taux de mortalité dû aux maladies coronariennes s’est effondrée. 
En Roumanie, Bulgarie et Russie, là où le choix de l'huile s'est tourné vers le tournesol.  les chercheurs n’ont constaté aucun recul sur l'incidence des maladies coronariennes.

L’eau polluée

Les industriels de l’eau ne trouvent pas que traiter l’eau de robinet, pour la faire rentrer dans les normes et donc de baisser les taux de nitrates ou de pesticides soit rentable en dessous d’une commune de 15.000 habitants.

Le constat dressé par le préfet de l’Eure et Loire (en Beauce) Jean jacques Brot le 26 septembre 2009 déclarait :

« l’eau potable demeure une denrée rare en Eure et loir : plus de 100 communes ne délivrent pas une eau réglementairement conforme en matière de nitrates et de pesticides… Je dirais même que c’est une denrée de plus en plus rare puisque le nombre de communes dans cette situation est en augmentation et place l’Eure et loir en tête des départements de la région pour la qualité dégradée de son eau ».

Les céréaliers de ce département reçoivent par contre 150 millions d’Euros d’aide de la politique agricole commune. Or ces subventions servent à payer les intrants, sinon bien de trop cher.
-> Les subventions payent donc la pollution des eaux. Le principe de pollueur-payeur, constitutionnel, n’est pas respecté.

Durant la période 1997-2002, l’agriculture n’a participé qu’à hauteur de 1,2% des coûts de dépollution réalisés par les agences de bassin tout en en touchant 9,5% de ses aides.
Pourtant selon le conseil d’état, l’agriculture est responsable de 60% de la pollution aux phosphates, 70% aux pesticides et 75% aux nitrates.
-> La cour des comptes indique que « la France applique à ses agriculteurs le principe de pollueurs, pas-payeurs, bénéficiaire ». Cela veut dire qu’elle pollue beaucoup, ne participe que très peu à la dépollution, et touche une bonne part des aides publiques à la dépollution.

En Bretagne de 93 à 2000 les agriculteurs bretons ont touché 138 millions d’euros d’aide sans avoir à payer la moindre redevance [36].

Au total les 6 agences de l’eau [37] ont versé 477 millions d’aide au titre de la lutte contre les pollutions agricoles. A cela se rajoute 310 millions de fond public accordé pour la Bretagne entre 93 et 2000. 439 millions ont également été versés pour le programme de maîtrise des pollutions agricoles [38]. Le coût prévisionnel de la deuxième version du PMPOA, mise en place à partir de 2002, est, lui, de 1.3 milliard d’euros.

Concernant le résultat de ces aides la Cour des comptes tranche :
-> aucune amélioration substantielle de l’état des ressources en eau. Pourtant, l’État s’est attaqué aux sources de la pollution, il a même investi 1,2 milliard de crédits publics sur la gestion des effluents d’élevage.
Le résultat est très limité*.
-> d’après le Conseil d’État, car alors qu’on leur donnait des subventions pour retraiter le lisier, les élevages augmentaient considérablement leur taille…

« En ce qui concerne les pesticides, 96 % des points de surveillance installés dans les eaux de surface et 61 % dans les eaux souterraines sont contaminés (pour 10 % des premiers, la teneur observée met en danger la biodiversité et rend l’eau non potable) ; 229 substances nocives ont été détectées en 2004 dans les eaux superficielles et 166 dans les eaux souterraines. »
Ceci dit, le ministère de la Santé reste serein, estimant que « l’exposition aux pesticides est beaucoup plus élevée à travers les aliments, qui mériteraient beaucoup plus d’attention que l’eau ».
Le conseil d’état rappelle que « même en cas d’arrêt immédiat de l’utilisation de pesticides et de nitrates, il faudrait plus d’une dizaine d’années pour en observer la conséquence sur la qualité des eaux souterraines : c’est l’une des raisons pour lesquelles il est d’ores et déjà acté que la France ne pourra pas, quels que soient ses efforts, respecter l’horizon 2015 théoriquement fixé par l’Union pour le retour au bon état des eaux », « Contrairement à d’autres pays comme les pays nordiques, la France a renoncé à taxer les engrais en amont (taxe au sac perçue auprès des producteurs ou des importateurs) et en aval (taxe sur les excédents d’azote perçue sur les exploitants). Plusieurs fois envisagé, son principe a été écarté par le président de la République en 2003 et à nouveau par le Parlement lors du vote de la loi du 30 décembre 2006 ». Pour finir le conseil d’état montre son scepticisme concernant l’incapacité dans lequel les agriculteurs prétendent être de pouvoir financer la dépollution de l’eau faute de pouvoir répercuter ces coûts dans les prix de leurs denrées, fixés par les cours mondiaux.

Et si on mettait une contravention à ceux qui ne respectent pas les normes de pollution ?

Selon un rapport de la Cour des comptes de 2009, on recensait comme nombre de policiers de l’eau un peu plus de 1 000 équivalent temps plein en 2008, soit 7 par département… Et encore, tous n’e sont pas sur le terrain, car beaucoup appartiennent aux services administratifs.
-> Si dans sa vie, un agriculteur rencontre cette police de l’eau, c’est que il n’a vraiment pas de chance…

La patate

Le français consomme en moyenne 30 kilos de pommes de terre fraîches dont plus 25 kilos transformées en Chips, flocons ou frites.
Nous produisons 4,5 millions de tonnes chaque année sur 30% de surface de moins qu’il y a dix ans (130.000 hectares). Le Nord-Pas-De-Calais, champion en la matière, produit 1,65 million de tonnes sur 37000 hectares.

La patate produite est le bintje. C’est une variété qui vit le jour au début du 20ième siècle en Hollande.
Avec l’utilisation de phytosanitaires, on obtient des rendements de 65 tonnes à l’hectare (contre 25 à 35 tonnes à l’hectare en bio). C’est la patate préféré de McCain[39] .

La patate comme les autres secteurs subit l’influence du productivisme industrielle.
Si la bintje n’est pas détrônable pour le moment, les sélectionneurs travaillent d’arrache-pied pour proposer des patates plus savoureuses et plus à même de convenir au cahier des charges industrielles.
Lorsqu’un agriculteur décide de produire de la pomme de terre, il devient indirectement mais sûrement, un salarié d’une multinationale comme McCain.
C’est le plus gros acheteur et bien qu’achetant à prix serrés, il permet aux agriculteurs d’avoir un débouché sûr et un salaire minimum [40]. Et quand McCain est le seul acheteur d’une région, il profite d’un pouvoir de négociation très important.
Néanmoins pour pouvoir fournir de la patate aux normes industrielles l’exploitant agricole doit s’équiper, et donc s’endetter.

Pour produire pour McCain et la grande distribution, l’agriculteur doit suivre un ensemble de normes appelées « global G.a.p.[41] ».
Suivre ces normes veut dire s’équiper de bennes molletonnées jusqu’à l’achat d’un hangar dernière génération [42].
-> C’est ce qui va permettre de fournir des patates qui vont être  approuvées par McCain :

« À leur arrivée, les pommes de terre sont contrôlées pour leur taille, leur couleur, leur matière sèche, et seuls les tubercules répondant à des critères précis seront acceptés pour la production de nos frites. »

La date de ramassage de la pomme de terre est le 15 septembre, cette date est choisie par les industriels et menée à bien avec un herbicide.
Celui-ci aura en plus la vertu de renforcer la peau de ce légume fragile. Le rendant ainsi plus prompt aux manipulations industrielles.
Pour faire grossir ces patates jusqu’en septembre, les engrais donnent leur coup de main gardant la fleur vaillante et le tubercule grossissant [43].

Tomates

Elles coûtent très cher en gaz l’hiver pour chauffer la serre [44].
Elles sont sans goût car c’est le terroir et non la fibre de coco qui donne le goût. Les producteurs disent que c’est la variété qui fait le goût, pour autant, toutes les versions normalisées par le rouleau compresseur productiviste n’héritent d’aucun goût.

La tomate industrielle a un beau rouge, est ferme, et se conserve longtemps.
Le rouge est normalement le signe de lycopène [45], malheureusement les tomates sous serre sont ramassées vertes.

Sous serre, les tomates sont moins sensibles aux problèmes des insectes. Car aucun ne rentre logiquement. Par contre l’environnement humide favorise largement les problèmes de champignons.
Les tomates sélectionnées génétiquement pour leurs résistances seraient une solution pour une utilisation moindre des pesticides. Mais il faut bien comprendre que tant que ceux qui vendent les semences vendent aussi les pesticides, les avancées seront limitées.

Dernier point, une tomate cultivée en hiver n’a que très peu d’intérêt nutritionnel. En étant un peu mauvaise langue, on pourrait dire que c’est de l’eau du robinet en forme de tomates.

Conclusion

C’était un condensé rapide de ce qu’il y avait à retenir de ce livre. Concernant la production de pommes de terre et l’entreprise McCain, on aurait pu rajouter que celui-ci s’arrange toujours pour garder ses exploitants agricoles endettés, avec des obligations de mise à niveau du matériel pour respecter de nouvelles normes. L’intérêt est de s’assurer une main d’œuvre, rendue servile par l’endettement, pieds et poings liés au condition tarifaire MacCain.
la partie parlant de l’exploitation du porc évoque un marché de la viande assez laid.
Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à lire la fiche de lecture sur le livre l’excellent livre de Fabrice Nicolino « Bidoche » .

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[1] « le levain de la terre ». Quand le lisier se mêle à la paille il y a compostage ce qui change l’azote minérale en azote organique. Pour faire simple on ne pollue plus.

[2] Une viande de moins bonne qualité en effet ne pourra être vendue sans avoir été transformée. Ainsi elle sert exclusivement dans les préparations à base de porc.

[3] Inflammation de la vessie.

[4] Donc 1200 tonnes en tout (chiffre 2009). C’est 27000 tonnes au niveau mondial.

 groupe des céphems

[6] Les quinolones et fluoroquinolones forment une large classe d’antibactériens de synthèse qui comprennent les dérivés de l’acide nalidixique découvert en 1962 et utilisé chez l’homme dès l’année suivante. Cette famille d’antibactériens a fait l’objet de recherches très importantes aboutissant au dépôt de plus de 10 000 brevets. L’ajout de l’atome de fluor dans les années 1970 a permis d’augmenter fortement la pénétration des molécules quinolones dans les cellules (jusqu’à 200 fois plus) : ce fut la naissance des fluoroquinolones, puissants antibiotiques capables de lutter contre une grande variété de germes chez l’homme et l’animal.

[7] Un polypeptide est une chaîne de 10 à 100 acides aminés reliés par des liaisons peptidiques.

Parmi eux, les peptides multi-cycliques, les peptides phosphorylés ou encore ceux intégrant des liaisons non-peptidiques ou des peptides conjugués.

Certains polypeptides constituent une famille d’antibiotiques dont les molécules très toxiques ne permettent qu’un usage très limité. D’autres s’imposent aujourd’hui comme des éléments essentiels à la mise au point de vaccins ou de principes actifs destinés aux traitements de certaines pathologies telles que les cancers, les déficiences hormonales, l’ostéoporose.

[8] Colistine (polymyxine E) est un antibiotique de type polymyxine produit par des souches de Bacillus polymyxa var. colistinus. La colistine est un mélange de polypeptides cycliques A et B. Elle est efficace contre les bacilles à Gram négatif MOST et est utilisé comme un antibiotique polypeptidique. Il est l’un des antibiotiques de dernier recours contre les souches multi-résistantes Pseudomonas aeruginosa et Acinetobacter.

[9] P45

[10] Il existe déjà une bactérie résistante à tous les antibios même en cocktail. C’est la bactérie O104 :H4.

[11] Recommandé pour la croissance des animaux d’élevage.

[12] p47

[14] Ces groupements achètent sans intermédiaire les traitements prescrits par les vétérinaires mais les revendent au prix de l’officine, engrangeant ainsi une marge confortable.

[15] On parle là de porcelets chétifs tué dès la naissance. A opposer à ceux qui sont refusé en abattoir.

[16] Les tourteaux sont les résidus solides obtenus après extraction de l’huile des graines ou des fruits oléagineux. Ce sont les coproduits de la trituration, c’est-à-dire l’industrie de fabrication de l’huile. Ils représentent généralement de 50 à 75 % de la masse des graines.

[17] La Chine vend à pas cher mais « avec la Chine c’est terrible, il faut aller jusque dans les conteneurs pour s’assurer de ce que l’on nous vend » P 78. Ce qui pour se protéger, oblige les producteurs à passer par des labos, pour qu’ils endossent la responsabilité s’il y a un problème.

[18] Se vend maintenant des solutions alimentaires complètes adaptées aux différentes méthodes de production. Pour l’éleveur breton qui manque de place, il faut des aliments à fort rendement, car les porcs doivent partir rapidement.

[19] Sur 6,5 millions de tonnes annuelles ça ne fait que 6,4%, néanmoins, c’est par l’accumulation de nombre d’aberration que l’on se retrouve dans une telle situation de gâchis aujourd’hui.

[20] P89, mais aussi dans « les sillons de la colère » chez découverte.

[21] La méthode utilisée sont des grosses cuves ou fosses de retraitement à lisier, dont l’odeur a de quoi terrasser. L’amusant est que le traitement aux antibios a tué les bactéries qui auraient pu aider à dégrader ce lisier. Elles sont donc chères inefficaces et elles participent par leur prix à concentrer un max d’exploitants.

[22] Ça fait 4000 piscines olympique…c’est complètement improbable.

[23] P93

[24] La France, premier producteur européen et premier exportateur.

[25] Institut national de recherche agronomique.

[26] L’ensilage est une méthode de conservation du fourrage par voie humide passant par la fermentation lactique anaérobie.

[27] Subventions qui servent à 80% pour la culture du maïs

[28] De l’avis même du conseil d’état « l’irrigation française fait appel aux techniques les plus dispendieuses en eau et les moins efficaces pour plus de 90% de la surface agricole utile.

[29] FNGCA. Le FNGRA est alimenté par les agriculteurs (par le biais d’une contribution additionnelle aux primes d’assurance de leurs contrats d’assurance couvrant les dommages aux matériels et bâtiments et les risques de responsabilité civile) et par une dotation budgétaire de l’État. Dans le cas de la sécheresse de 2003 environ 60% ont été fourni par l’état.

[30] La région Poitou-Charentes en répandait 125 tonnes par an.

[31] Rapport Corpep 26 mars 2010.

[32] Désertification serait plus approprié « dénudé les sols sont livrés au soleil direct, érodés par les pluies compactées par les machines. Les ressources hydriques sont très perturbées : crue soudaine des rivières par ruissellement, ensablement, pollution de l’eau par des résidus de pesticides et d’engrais ».

[33] Une idée simple du rapport entre le rendement et ce qui se passe dans notre corps. Plus on augmente les rendements et plus les oméga 6 vont prendre le relais sur les 3. D’où une proportion plus importante d’oméga 6 dans la viande et les laitages de tout ce qui est nourri avec ces céréales. Depuis ces quarante dernières années, les omégas 6 sont 2,5 plus consommé qu’avant, la proportion dans le lait maternel à quadruplé. Un des métabolites de l’oméga 6 est l’acide arachidonique.

[34] Witold Zatonski, Hannia Campos, Walter Willett, « rapid declines in coronary heart disease mortality in eastern Europe are associated with increased comsumption of oils rich in alpha-linolenic acid », Eur.J.Epidemiol., 23, 2008, p.3-10.

[35] “L’eau et son droit », juin 2010

[36] En 2007 la cour des comptes nous indique que la part de l’agriculture est de 1% quand le consommateur par sa facture d’eau en paye 90%( pour 1.8 milliard d’euros au total). D’après l’INRA le coût de dé-nitratation revient à 20% du prix de la facture d’eau pour le consommateur ( 27 cents par Mcube).

[37] Établissement publique du ministère en charge du développement durable. Le poids des Agences est d’abord noté dans la politique de l’eau. Leur budget annuel de 1500 Millions d’euros est 15 fois supérieur à celui de la direction de l’eau au ministère qui n’est que de 100 millions d’euros. Elles bénéficient d’une large autonomie et d’un pouvoir concentré entre les mains de conseils d’administrations peu représentatifs. Les comités de bassin ne sont pas « à proprement parler des organes dirigeants », de véritables parlements de l’eau.

[38] PMPOA.C’est de l’argent qui va directement aux agriculteurs pour qu’ils mettent aux normes leurs installations. Les bénéficiaires ont cotisé 15,6 millions sur cette somme.

[39] Quand on mange une frite, quel que soit le lieu au monde, nous avons une chance sur trois de manger une McCain.

[40] La tonne coûte 60 euros à produire, L’industrie l’achète entre 80 & 100 euros. En marché libre, cette tonne atteint jusqu’à 300 euros.

[41] Good agricultural practice. C’est un organisme qui délivre des labels globalgap de certification de bonne conduite. Elle prône l’utilisation des pesticides dans sa charte et à pour but premier d’étendre une façon de faire. Un exemple simple est de parler de culture orpheline lorsque le panel de pesticides utilisable est limité.

[42] L’engin entre 20000 & 40.000 euros, le hangar vaut dans les 150.000.

[43] La fleur d’une pomme de terre bio flétrie début août.

[44] 10 au m² donc déjà 300.000 euros par an pour chauffer 3ha.

[45] Le lycopène est, parmi les caroténoïdes, le plus présent dans le corps humain et est antioxydant.

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